
Chypre du Nord : l'e-visa remplace le visa consulaire pour 3 nationalités depuis le 24 août 2026
Les autorités chypriotes turques ont mis en service le 24 août 2026 leur système de visa électronique. Les ressortissants d'Arménie, du Nigeria et de Syrie, jusqu'ici tenus d'obtenir un visa en personne auprès d'une représentation à l'étranger, déposent désormais leur demande en ligne sur le portail de la Direction de l'immigration.
Le visa à entrée unique coûte 40 USD et la demande doit être introduite avant le voyage.
Ce qui change pour les trois nationalités concernées
Jusqu'à présent, les titulaires d'un passeport arménien, nigérian ou syrien étaient les seuls à devoir demander un visa avant de partir, en se présentant physiquement dans une ambassade, un bureau de représentation ou un consulat général de la partie nord de l'île. Le ministère des Affaires étrangères chypriote turc conseillait de s'y prendre un mois à l'avance, pour un traitement annoncé sous trois jours ouvrés.
Ce circuit consulaire disparaît. Le Premier ministre Ünal Üstel l'a annoncé dans un communiqué du 23 août 2026 : pour ces trois pays, « la pratique actuelle du visa consulaire est supprimée » et remplacée par une demande en ligne, examinée en amont par la Direction de l'immigration, qui recueille selon le motif du voyage l'avis de la police et des administrations compétentes. Le lendemain, le Journal officiel n° 154 a publié le règlement E-Vize et les décisions du Conseil des ministres qui l'accompagnent, dont celle qui désigne nommément le Nigeria, l'Arménie et la Syrie. Le règlement entre en vigueur à la date de cette publication.

Les représentations à l'étranger, à Berlin et à Budapest notamment, affichent depuis le même jour une notice identique : les demandes de visa des ressortissants des trois pays « doivent être déposées via ce système ».
Rien ne change pour les autres nationalités. Elles continuent d'obtenir leur visa directement auprès de l'officier d'immigration aux ports et postes frontières désignés, dans la limite de 90 jours sur toute période de 180 jours. Le Conseil des ministres peut toutefois étendre la liste des pays soumis à l'e-visa par simple décision publiée au Journal officiel, et le ministère de l'Intérieur fixe seul les critères et conditions de dépôt.
Quatre tarifs selon le nombre d'entrées et l'urgence
La décision Ü(K-I) 1743-2026 fixe les droits comme suit :
Type d'e-visa | Droit |
|---|---|
Entrée unique | 40 USD 34,3 € |
Entrée unique, procédure urgente (« VIP » ou express) | 80 USD 68,61 € |
Entrées multiples | 80 USD 68,61 € |
Entrées multiples, procédure urgente | 120 USD 102,91 € |
Le droit se règle en ligne. Sur le portail, le paiement intervient à la deuxième étape, une fois la demande approuvée, et c'est ce paiement qui déclenche la délivrance du document. Le texte réglementaire précise qu'un droit versé n'est pas remboursé si la demande est rejetée ou si le visa est annulé par la suite.
Le nombre d'entrées dépend du motif déclaré. Un voyageur qui vient pour le tourisme obtient un visa à entrée unique ou à entrées multiples selon ce qu'il a demandé. Celui qui indique venir pour solliciter un permis de travail ou un permis de séjour se voit délivrer d'office un visa à entrée unique.
Des délais qui vont de quelques jours à 2 mois
Deux séries de chiffres coexistent, et il faut les lire ensemble. Le règlement pose la règle : une demande d'e-visa « est en principe tranchée dans les trente jours », délai qui « peut être porté à soixante jours au maximum pour des nécessités administratives ». La procédure urgente, facturée le double, est traitée sous sept jours ouvrés.
Le portail affiche de son côté un délai moyen de 3 à 5 jours ouvrés pour un visa de tourisme, et un délai « dépendant du contrôle des documents » ou « de l'évaluation » pour les visas étudiant et les autres catégories. Ce délai moyen n'engage pas l'administration : c'est la fourchette de trente à soixante jours qui a valeur réglementaire, et un dossier de tourisme peut y être soumis si les avis demandés à la police ou à d'autres services tardent.
Comment se déroule la demande sur kktc-evize.gov.ct.tr
Le portail kktc-evize.gov.ct.tr, édité par la Direction de l'immigration, est disponible en turc et en anglais. Trois catégories sont proposées : visa de tourisme (vacances, visite culturelle, visite à la famille ou à des amis), visa étudiant (inscription dans un établissement d'enseignement supérieur du nord de l'île) et « autres types de visa » (rendez-vous d'affaires, événement, soins, visite officielle).

La demande se remplit en 6 écrans : type de visa, informations d'arrivée, données personnelles, données du passeport, documents, puis engagement sur l'honneur.
Les pièces attendues sont une image lisible de la page d'identité du passeport, une photo biométrique récente, un justificatif d'hébergement ou de réservation, et, si l'administration le juge nécessaire, la réservation de vol ou d'autres pièces à l'appui du motif. Pour un visa étudiant, il faut ajouter la lettre d'admission ou le certificat de scolarité ; pour les autres motifs, la lettre d'invitation ou le justificatif de l'événement.
Le suivi se fait avec le numéro de demande, le numéro de passeport et les coordonnées saisies ; les notifications arrivent par e-mail ou SMS. Une adresse de contact (evize@muhaceret.gov.ct.tr) et un centre d'appel (+90 392 611 10 10) sont indiqués sur chaque page. Le portail insiste sur un point : les informations ne doivent être saisies « que sur le système officiel ». Pour un dispositif qui vient d'ouvrir, c'est le moment où fleurissent les sites intermédiaires non officiels, dont nous avons déjà décrit les mécanismes et les moyens de les repérer.
Un e-visa n'est pas une garantie d'entrée
Le règlement l'écrit sans détour. À l'arrivée, le personnel chargé de l'immigration peut mener un entretien avec le voyageur pour des motifs de sécurité publique et lui refuser l'entrée « même s'il a obtenu un e-visa ». Une personne dont il apparaît qu'elle a séjourné antérieurement sans autorisation n'est admise qu'après paiement de l'amende applicable.
Deux dispositions moins attendues méritent d'être notées. Le ministère de la Santé peut exiger des demandeurs soumis à l'e-visa qu'ils aient passé des tests de santé avant de déposer leur dossier ; les modalités seront fixées par circulaire. Et si le portail tombe en panne ou devient inaccessible, le ministre de l'Intérieur peut, par circulaire, autoriser temporairement la délivrance de visas aux points d'entrée, comme avant.
Étudiants : l'université passe désormais par l'immigration
Le dispositif vise explicitement les étudiants étrangers. Selon le communiqué du Premier ministère, une lettre d'admission ne vaut plus à elle seule autorisation d'entrer : l'université transmet en ligne les informations et les documents de chaque candidat à la Direction de l'immigration, qui statue après avis de la Direction générale de la police. Les étudiants arméniens, nigérians et syriens doivent en plus accomplir la procédure d'e-visa. Une fois l'entrée approuvée, le système attribue automatiquement un numéro d'identification étranger qui suivra la personne de son arrivée jusqu'à son inscription et son permis de séjour.
Le règlement modificatif publié le même jour plafonne par ailleurs le permis de séjour étudiant à un an par demande, renouvelable en fonction de la poursuite des études.
Une entrée par le nord reste illégale pour la République de Chypre
Un dernier point s'impose pour quiconque envisage ensuite de passer au sud de l'île ou d'y revenir. Le ministère des Affaires étrangères de la République de Chypre rappelle que les seuls points d'entrée légaux sur son territoire sont les aéroports internationaux de Larnaca et de Paphos et les ports de Larnaca, Limassol, Latsi et Paphos. Entrer par tout autre port ou aéroport de l'île, y compris l'aéroport d'Ercan (Tymbou), constitue une infraction à sa législation nationale, avec le risque de poursuites qui en découle. Ce rappel vaut quel que soit le titre délivré par les autorités du nord, e-visa compris.
En tant que CEO de Visamundi, je me consacre à faciliter les déplacements internationaux en aidant nos clients à obtenir des visas dans le monde entier. En restant à l'avant-garde des réglementations en constante évolution, je veille à ce que notre agence soit un pilier de confiance dans le domaine des services de visa.
