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Les Brésiliens voulant se rendre en Guyane Française n'auront plus besoin de visa dès août 2026
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Les Brésiliens voulant se rendre en Guyane Française n'auront plus besoin de visa dès août 2026

La France suspend l'obligation de visa de court séjour pour les ressortissants brésiliens se rendant en Guyane à partir du 31 juillet 2026. Expérimentation de 6 mois, conditions, contexte : le point complet.

C'est officiel : à compter du 31 juillet 2026, les ressortissants brésiliens n'auront plus besoin de visa pour effectuer un court séjour en Guyane française. La mesure, annoncée dès juin 2025 par Emmanuel Macron et Lula, a été formalisée le 1er juillet 2026 à Brasília lors de la signature d'une feuille de route franco-brésilienne sur la sécurité publique. Elle prend la forme d'une expérimentation de 6 mois, renouvelable.

Ce qui change concrètement

Jusqu'à présent, les Brésiliens devaient obtenir un visa spécifique pour se rendre en Guyane, y compris pour un simple séjour touristique ou familial de quelques jours. Une situation paradoxale : exemptés de visa pour la métropole et l'ensemble de l'espace Schengen depuis des années, ils restaient soumis à cette formalité pour le seul territoire français frontalier de leur pays. La Guyane, comme les autres départements et régions d'outre-mer, ne fait en effet pas partie de l'espace Schengen et applique son propre régime de visas.

L'asymétrie était d'autant plus mal vécue côté brésilien que les résidents de Guyane, eux, entrent au Brésil sans visa. La suspension annoncée rétablit donc une forme de réciprocité entre les deux rives de l'Oyapock, le fleuve qui matérialise une partie des 730 kilomètres de frontière entre la Guyane et l'État brésilien de l'Amapá, la plus longue frontière terrestre de la France.

À partir du 31 juillet 2026, l'obligation de visa de court séjour est suspendue pour l'ensemble des ressortissants brésiliens souhaitant se rendre en Guyane, quelle que soit leur région d'origine. Le ministre brésilien des Affaires étrangères Mauro Vieira a qualifié la mesure de « tournant historique ».

Une expérimentation de six mois, adossée à un accord sécuritaire

Le dispositif n'est pas, à ce stade, une suppression définitive. La feuille de route signée le 1er juillet 2026 par Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, et son homologue brésilien prévoit une période initiale de 6 mois, renouvelable en fonction des progrès de la coopération bilatérale à la frontière.

La levée du visa constitue en effet le volet « mobilité » d'un accord bien plus large de coopération en matière de sécurité publique. En contrepartie, les deux pays s'engagent à intensifier la lutte contre le narcotrafic, l'orpaillage illégal, la criminalité environnementale et l'immigration irrégulière. Des officiers de liaison français seront notamment déployés dans les aéroports de São Paulo et de Belém ainsi que dans des centres de coopération policière, et les opérations conjointes à la frontière seront renforcées.

Autrement dit, la pérennisation de l'exemption de visa dépendra directement des résultats obtenus sur le terrain sécuritaire. Un mécanisme de conditionnalité qui explique le choix du terme « suspension » plutôt que « suppression ».

Quelles formalités pour les voyageurs brésiliens ?

Point important pour les voyageurs : les modalités pratiques d'entrée n'ont pas encore été précisées par les autorités françaises. Lors de son passage en Guyane le 2 juillet, Jean-Noël Barrot n'a pas détaillé le circuit exact qui s'appliquera aux voyageurs arrivant de Belém, de Macapá ou d'ailleurs au Brésil.

Ce que l'on peut d'ores et déjà anticiper :

  • Un passeport en cours de validité restera indispensable pour franchir la frontière, que ce soit par voie aérienne à Cayenne-Félix Éboué ou par voie terrestre au pont de l'Oyapock.

  • La suspension concerne uniquement les courts séjours (tourisme, visites familiales, affaires). Les séjours longs, les études ou le travail en Guyane continueront de nécessiter un visa de long séjour adapté.

  • La mesure porte sur la Guyane uniquement. Elle ne modifie rien pour la métropole et l'espace Schengen, où les Brésiliens sont déjà exemptés de visa pour les séjours de moins de 90 jours et où le futur système ETIAS s'appliquera le moment venu. L'ETIAS, en revanche, ne concernera pas la Guyane, qui reste hors Schengen.

Nous mettrons cet article à jour dès que les autorités publieront les conditions détaillées d'entrée applicables au 31 juillet.

Un levier pour le tourisme et les liaisons aériennes

Au-delà du symbole diplomatique, la mesure est très attendue par les acteurs économiques guyanais. Le Comité du tourisme de la Guyane y voit un levier pour attirer une clientèle brésilienne qui dépasse largement le tourisme familial transfrontalier déjà existant (un marché potentiel de plus de 200 millions d'habitants).

La fin du visa pourrait aussi accélérer l'ouverture de nouvelles liaisons aériennes entre le Brésil et Cayenne. Aujourd'hui, seule Air France relie la Guyane au Brésil via Belém et Fortaleza. Des discussions sont en cours autour de dessertes depuis São Paulo, Recife, Fortaleza, Belém ou Macapá, et la levée de l'obligation de visa rend le marché nettement plus attractif pour les compagnies brésiliennes.

L'accord s'inscrit enfin dans un mouvement plus large d'intégration régionale de la Guyane : le territoire doit également devenir membre associé de la CARICOM, la communauté caribéenne.

Sources : Ambassade de France au Brésil (br.diplomatie.gouv.fr, 2 juillet 2026) ; France Diplomatie, point presse conjoint de Jean-Noël Barrot et Jean-Didier Berger (Cayenne, 2 juillet 2026) ; France-Guyane ; Outre-mer la 1ère ; Outremers360.

Auteur
Sébastien Couix

En tant que CEO de Visamundi, je me consacre à faciliter les déplacements internationaux en aidant nos clients à obtenir des visas dans le monde entier. En restant à l'avant-garde des réglementations en constante évolution, je veille à ce que notre agence soit un pilier de confiance dans le domaine des services de visa.

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