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Espagne : contrôles aux frontières sur les vols et ferries venant d'Italie jusqu'au 7 septembre 2026
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Espagne : contrôles aux frontières sur les vols et ferries venant d'Italie jusqu'au 7 septembre 2026

Depuis le 8 août 2026 à minuit, la police espagnole contrôle les passagers qui débarquent d'un vol ou d'un navire en provenance d'Italie. La mesure, publiée au Journal officiel espagnol, court jusqu'au 7 septembre à 24 heures et répond aux contrôles que Rome avait rétablis le 1er août après la crise de Ceuta.

Aucun visa n'est instauré : il s'agit d'une vérification de documents à l'arrivée, qui peut concerner n'importe quel passager, quelle que soit sa nationalité.

Ce que prévoit exactement l'ordre espagnol

L'Orden INT/846/2026 du 7 août, signée par le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska, rétablit les contrôles aux frontières intérieures aériennes et maritimes espagnoles pour une durée de trente jours calendaires.

Le critère retenu est celui du dernier point de départ. Sont visés :

  • les vols de passagers dont le dernier aéroport de départ avant l'arrivée en Espagne se situe en Italie ;

  • les navires, ferries et autres services de transport maritime de passagers dont le dernier port de départ se situe en Italie.

Le texte exclut expressément de son champ les vols et liaisons maritimes en provenance d'autres États membres, les aéronefs et navires qui ne transportent pas de passagers, ainsi que les escales purement techniques en Italie sans embarquement, dès lors que la provenance réelle des passagers peut être établie. Les autres frontières espagnoles ne sont pas concernées : l'ordre précise qu'aucune menace d'intensité équivalente n'y a été constatée.

La liste précise des aéroports, ports et liaisons effectivement contrôlés n'est pas dans l'ordre. Elle relève d'instructions du secrétariat d'État à la Sécurité, ajustées selon l'analyse de risque.

Un contrôle documentaire, pas une obligation de visa

La formulation du sujet circule sous la forme d'un « rétablissement du visa » pour les Italiens. Le texte officiel dit autre chose, et la nuance change tout pour le voyageur.

L'article 2.2 de l'ordre prévoit que les contrôles s'appliquent à toutes les personnes qui franchissent les frontières concernées, indépendamment de leur nationalité, chacune se voyant appliquer le régime de vérification correspondant à son statut juridique et à sa qualité de bénéficiaire ou non du droit à la libre circulation. Autrement dit, le déclencheur du contrôle est la provenance du vol ou du navire, pas le passeport que vous détenez.

Le rétablissement des contrôles ne constitue pas une interdiction générale d'entrée et ne peut donner lieu à des contrôles ou à des décisions fondés exclusivement sur la nationalité, l'origine ethnique, la religion, l'apparence physique ou toute autre condition personnelle. Le droit de demander une protection internationale, le principe de non-refoulement et l'intérêt supérieur de l'enfant restent garantis.

Concrètement, un passager arrivant de Rome ou de Naples présente à l'arrivée le document de voyage qui correspond déjà à son statut. Un ressortissant d'un pays tiers soumis à visa Schengen devra pouvoir justifier de son titre, comme il le ferait à une frontière extérieure. Un voyageur exempté de visa n'a aucune formalité nouvelle à accomplir : sa situation est vérifiée, elle n'est pas modifiée.

D'où vient la mesure : la séquence depuis Ceuta

L'Espagne n'a pas ouvert cette séquence, elle y répond. Le 1er août, l'Italie a rétabli des contrôles à ses propres frontières intérieures aériennes et maritimes avec l'Espagne, notifiés à la Commission européenne pour la période du 1er août au 1er septembre 2026. Le motif déclaré, consultable dans la liste officielle des notifications tenue par la Commission européenne, invoque une menace pour l'ordre public, la sécurité intérieure et la gestion des flux migratoires liée aux événements survenus dans la ville autonome de Ceuta, avec un risque de mouvements secondaires à l'intérieur de l'espace Schengen. Nous détaillions l'état des contrôles autour de l'Espagne au 1er août à l'époque où l'Italie était le seul pays à avoir franchi ce pas.

Côté italien, une note de Palazzo Chigi du 7 août indique que les vérifications ciblent les ressortissants de pays tiers en provenance d'Espagne et que la mesure est maintenue au moins jusqu'au 15 août, sa levée dépendant de l'évolution de la situation. La notification transmise à Bruxelles couvre, elle, la période allant jusqu'au 1er septembre. Un voyageur qui organise un aller-retour entre les deux pays a donc intérêt à considérer les deux sens comme contrôlés jusqu'à nouvel ordre, les deux dispositifs n'ayant ni le même calendrier ni le même périmètre.

Pour justifier sa décision, Madrid s'appuie sur la pression migratoire en Méditerranée centrale, avec 66 328 détections de franchissements irréguliers sur cette route en 2025 selon Frontex, contre 19 403 sur la route de Méditerranée occidentale, et environ 11 600 contre 7 100 sur les cinq premiers mois de 2026. L'ordre cite également la communication COM (2026) 387 final de la Commission européenne du 15 juillet 2026, relative aux difficultés d'application par l'Italie des règles européennes de détermination de l'État responsable de l'examen des demandes de protection internationale.

Les contrôles sont réalisés, selon les termes de l'ordre, de manière proportionnée, flexible et fondée sur l'analyse de risque. Ils ne sont pas systématiques : les agents peuvent sélectionner un vol entier ou seulement certains passagers. Le texte demande expressément de limiter les temps d'attente, de garantir la fluidité des correspondances et de traiter en priorité les mineurs, les familles et les personnes vulnérables.

Le point de vérification se situe à l'arrivée, dans la zone de débarquement ou avant la sortie, parfois à la porte de l'avion. C'est un temps qui s'ajoute au parcours habituel d'un vol intra-Schengen, sur lequel aucun contrôle documentaire n'était attendu jusqu'ici. Si vous enchaînez avec une correspondance depuis un aéroport espagnol, c'est ce temps supplémentaire qu'il faut intégrer, et non un délai administratif préalable.

Depuis le 3 août 2026, les modèles sans zone de lecture automatique ne sont plus acceptés pour voyager, y compris à l'intérieur de l'espace Schengen. Un document dont la validité n'était jamais vérifiée sur un vol Rome-Barcelone peut désormais l'être. Nous avons détaillé les conditions de validité de ces cartes d'identité et les modèles concernés.

Après le 7 septembre

L'ordre espagnol prévoit sa propre extinction. À l'expiration de la période, les contrôles sont levés automatiquement, sans qu'une décision expresse soit nécessaire. La mesure peut aussi cesser plus tôt si les menaces qui l'ont motivée disparaissent ou si elles peuvent être traitées par des moyens moins restrictifs, l'ordre étant soumis à une évaluation permanente.

Surtout, elle ne peut pas être prorogée tacitement. Toute prolongation suppose une nouvelle décision motivée, précédée d'une évaluation actualisée de sa nécessité et de sa proportionnalité, et conforme aux exigences du code frontières Schengen. Une prolongation éventuelle sera donc publiée au Journal officiel espagnol et notifiée à la Commission : c'est là, et non dans les déclarations politiques, que se lira l'échéance réelle.

Auteur
Sébastien Couix

En tant que CEO de Visamundi, je me consacre à faciliter les déplacements internationaux en aidant nos clients à obtenir des visas dans le monde entier. En restant à l'avant-garde des réglementations en constante évolution, je veille à ce que notre agence soit un pilier de confiance dans le domaine des services de visa.

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