
Les visas brésiliens temporaires VITEM se demandent en ligne depuis le 1er septembre
Le ministère brésilien des Relations extérieures a publié le 28 août 2026 un avis qui fait basculer les visas temporaires dans le tout numérique.
Depuis le 1er septembre, les ressortissants dispensés de visa de visite qui ont besoin d'un VITEM pour étudier, travailler, investir ou rejoindre leur famille déposent leur demande sur le Sistema Consular Integrado, sans remettre ni dossier papier ni passeport. Le visa autorisé arrive directement par courrier électronique.
Le texte publié par l'Itamaraty tient en 4 phrases et ne laisse pas de marge d'interprétation. Les demandes sont créées via le Sistema Consular Integrado (SCI), avec téléversement des pièces justificatives. Il n'y a plus besoin de remettre de documentation physique ni le passeport du demandeur. Une fois autorisé, le visa est envoyé automatiquement à l'adresse électronique renseignée dans le formulaire.

C'est le dernier point qui change le plus de choses. Jusqu'ici, un visa temporaire brésilien se matérialisait par une vignette collée dans le passeport, ce qui supposait de confier son document au consulat ou de se déplacer pour le récupérer. Le visa devient un document électronique que le voyageur reçoit dans sa boîte mail et présente à l'embarquement puis à la police fédérale à l'arrivée.
Qui est concerné, et qui ne l'est pas
La mesure vise une population : les nationaux dispensés de visa de visite, ce que l'administration brésilienne appelle le VIVIS. Ces voyageurs peuvent entrer au Brésil sans formalité préalable pour du tourisme ou des affaires, généralement pour 90 jours, une durée qui varie selon les accords bilatéraux : les ressortissants chinois bénéficient par exemple d'une exemption limitée à 30 jours. Mais dès que le motif du séjour sort de ce cadre, l'exemption ne joue plus et un visa temporaire devient nécessaire. Ce sont ces demandes-là qui passent au numérique.
Le périmètre est large. Le Quadro Geral de Regime de Vistos, mis à jour le 26 août 2026, dispense de visa de visite les ressortissants de l'Union européenne et du Royaume-Uni, du Maroc, de la Tunisie, de la plupart des pays d'Amérique latine dont le Mexique et l'Argentine, ainsi que du Japon, de la Corée du Sud et de la Nouvelle-Zélande.
D'autres nationalités restent en dehors du dispositif parce qu'elles ne sont pas dispensées de visa de visite au départ. C'est le cas des ressortissants du Sénégal, de la Côte d'Ivoire, du Cameroun, de l'Algérie, du Liban et du Vietnam, mais aussi des États-Unis, du Canada et de l'Australie, revenus au régime du visa obligatoire le 10 avril 2025. Pour eux, la procédure consulaire habituelle continue de s'appliquer.
Les catégories couvertes
Les visas temporaires brésiliens sont numérotés en chiffres romains, chacun correspondant à un motif de séjour. Le VITEM I couvre la recherche et l'enseignement, le IV les études, le V le travail rémunéré, le IX les investisseurs, le XI le regroupement familial, le XII les activités artistiques et sportives, le XIV les nomades numériques.
Cette dernière catégorie mérite une précision, car elle circule souvent sous un mauvais numéro. Le visa de nomade numérique est le VITEM XIV, et lui seul : il s'adresse aux personnes qui travaillent à distance pour un employeur étranger ou pour des clients situés hors du Brésil, et exige de justifier d'un revenu mensuel d'au moins 1 500 USD 1 299,78 € de source étrangère, ou de fonds disponibles d'au moins 18 000 USD 15 597,31 €. La résidence initiale accordée va jusqu'à un an. Le VITEM XV, parfois confondu avec lui, désigne le perfectionnement médical et relève d'une logique entièrement différente.
Un déploiement qui n'est pas encore uniforme
L'avis annonce une bascule au 1er septembre, mais le réseau consulaire brésilien ne l'a pas répercutée au même rythme. Certains postes ont intégré le nouveau texte sans attendre. La page du consulat général à Istanbul consacrée au visa de nomade numérique a été mise à jour le 28 août 2026, le jour même de l'avis, et reprend mot pour mot la formule sur l'absence de remise de documentation physique et de passeport.

D'autres décrivent encore l'ancienne procédure. La page du consulat de Santiago, actualisée le 23 juin 2026, indique que la demande se fait par le système e-consular puis se concrétise « présentiellement, ou par courrier » pour les résidents hors de la région métropolitaine. Celle du consulat de Lisbonne va plus loin et précise que l'envoi de fichiers ne dispense pas de présenter les originaux imprimés. Ces pages décrivent le régime antérieur, mais elles restent en ligne, et un demandeur qui s'y fie organisera un rendez-vous devenu inutile.

La hiérarchie à retenir est simple : l'avis du ministère fixe la règle, les pages consulaires suivent avec un décalage variable. En cas de contradiction entre les deux, c'est l'avis du 28 août qui fait foi, et il vaut mieux écrire au poste compétent pour faire confirmer l'état de son guichet plutôt que de déduire d'une page non actualisée que le dépôt papier reste obligatoire.
La dématérialisation porte sur la façon de déposer le dossier et de recevoir le visa, pas sur le fond des conditions. Les pièces exigées pour chaque catégorie restent les mêmes, simplement téléversées au lieu d'être remises au guichet : la déclaration signée et le contrat avec l'employeur étranger continuent d'être demandés pour un VITEM XIV, les justificatifs de revenus aussi. L'adresse électronique renseignée dans le formulaire SCI prend en revanche une importance nouvelle, puisque c'est par elle que le visa arrive. Une erreur de saisie à cet endroit ne se rattrape pas au comptoir d'un consulat. Enfin, le visa temporaire ouvre l'entrée sur le territoire, il ne vaut pas titre de séjour. Les titulaires d'un VITEM restent tenus de s'enregistrer auprès de la Polícia Federal après leur arrivée pour obtenir leur numéro de registre migratoire (RNM) et la carte qui le matérialise (CRNM). Cette démarche se lance en ligne sur le portail de la police fédérale, mais la collecte des données biométriques impose un passage dans une unité locale. La dématérialisation du dépôt consulaire ne la supprime pas. |
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