
Le portail eTA Kenya exige désormais une assurance santé, malgré la suspension judiciaire
Ce mardi 6 octobre 2026, en déposant des demandes d'eTA pour le Kenya, nos équipes sont tombées sur une étape nouvelle : avant le paiement de l'autorisation, le portail officiel exige une assurance santé de voyage et propose de l'acheter directement, pour 44 USD + frais.
Aucune annonce officielle n'a accompagné ce changement, et nous ne savons pas encore s'il s'agit d'un déploiement ou d'un test.
Ce que nos équipes ont vu sur le portail
L'étape s'affiche une fois le formulaire de demande rempli, juste avant le règlement de l'eTA. Un encadré « Notice » à l'en-tête du ministère de la Santé, intitulé « Mandatory Inbound Travel Health Insurance Requirement », indique que, conformément à la Gazette Notice n° 11492 du 30 juillet 2026, tous les voyageurs à destination du Kenya doivent détenir une assurance santé de voyage valide émise sous l'égide de l'IRA, l'autorité kényane de régulation des assurances. Le texte ajoute : « All travellers must comply ».

Sous l'encadré, le portail signale que le demandeur n'a pas d'assurance existante. Il demande de cocher une case autorisant le partage des données du voyageur avec le prestataire et les assureurs participants, puis propose deux boutons : « Search Status » et « Get Now ». Sur l'écran que nous avons capturé, le bouton « Pay for eTA » apparaissait grisé.
Le récapitulatif de la demande fait désormais apparaître, pour chaque voyageur, une ligne « Insurance REF », marquée « None » tant qu'aucune police n'est rattachée, et le montant de la prime à côté du nom.

Une police à 44 USD, plus des frais (évidemment)
Celle-ci permet une couverture de 3 mois et le détail du tarif est le suivant :
prime : 44 USD 39,24 € par voyageur ;
frais d'accès : 1 USD 0,89 € ;
frais de transaction : 7 USD 6,24 €.
Le portail précise que la couverture comporte des garanties standardisées, consultables via un lien « View Package Here », et que le voyageur doit accepter les conditions générales de l'IRA. Le bouton de validation s'intitule « Pay Insurance Only », ce qui indique que l'assurance se règle séparément de l'eTA.

Ce tarif est identique à celui de l'assurance imposée depuis le 1er octobre en Tanzanie continentale, que nous détaillions dans notre article sur la prime tanzanienne de 44 USD. Les deux dispositifs restent distincts, avec des assureurs désignés différents de part et d'autre de la frontière.
Comme pour la Tanzanie, le montant de l'assurance va probablement varier en fonction de l'âge. Attendons le déploiement officiel.
Nous avions présenté ces garanties poste par poste dans notre article d'août sur la couverture minimale de 50 000 USD. À l'époque, aucune date d'application ni aucun tarif n'avaient été communiqués.
Ce qui ne colle pas avec le dispositif annoncé
Plusieurs éléments observés ce matin s'écartent de ce que le ministère avait décrit.
Le cadre administratif prévoyait 3 formules selon la durée du séjour : jusqu'à 30 jours, de 31 à 60 jours, puis une assurance médicale internationale au-delà de 60 jours et jusqu'à 12 mois. Le même document annonçait que la souscription passerait par un.go.ke. Au 6 octobre 2026, ce domaine ne répond toujours pas : l'achat se fait directement depuis le portail de l'eTA.
Enfin, l'écran que nous avons vu ne comportait aucun champ pour téléverser une police déjà souscrite auprès d'un autre assureur. Nous ignorons si le bouton « Search Status » permet de rattacher une assurance existante ou une police achetée via le portail.
À la date de publication, aucune source officielle ne mentionne la mise en service de cette étape. La foire aux questions du portail de l'eTA ne cite aucune assurance parmi les conditions de demande, et ni le ministère de la Santé ni l'IRA n'ont publié de communiqué fixant une date d'application ou un tarif.
Le contexte judiciaire ajoute à l'incertitude. La presse kényane a rapporté fin août que la High Court de Marsabit avait suspendu l'application de la Gazette Notice n° 11492, à la demande de deux requérants. Cette décision n'est pas consultable sur les sites officiels, et aucun document public n'indique qu'elle aurait été levée depuis.
Nous ne pouvons donc pas dire, à ce stade, si l'étape s'affiche pour tous les demandeurs, si elle bloque réellement le paiement de l'eTA, ou s'il s'agit d'un essai mis en ligne par les autorités. Nous mettrons cet article à jour si le ministère de la Santé ou l'IRA communiquent sur le sujet.

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