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ETIAS : l'Union européenne retire la date de lancement de fin 2026
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ETIAS : l'Union européenne retire la date de lancement de fin 2026

Le site officiel de l'autorisation de voyage européenne n'affiche plus aucune date de démarrage.

La mention d'un lancement au dernier trimestre 2026, qui figurait jusqu'ici dans les communications de l'Union européenne, a disparu de la page d'accueil du dispositif. Aucune nouvelle échéance n'a été publiée à ce jour, et aucune demande ne peut être déposée.

Ce qu'affiche aujourd'hui le portail officiel

La page d'accueil du système européen d'information et d'autorisation concernant les voyages tient désormais en deux phrases sur le calendrier : le dispositif « n'est actuellement pas en service et aucune demande d'autorisation de voyage n'est collectée à ce stade », et l'Union européenne « informera de la date précise du démarrage plusieurs mois avant son lancement ».

La page consacrée au dispositif sur le site de la Commission européenne dit la même chose, sans avancer de date.

Ce silence tranche avec les publications antérieures des institutions. Le calendrier révisé endossé par les ministres de l'Intérieur des États membres le 5 mars 2025 prévoyait que le système entre en service au dernier trimestre 2026, après le déploiement du système d'entrée et de sortie aux frontières. Une communication officielle du 15 avril 2026 destinée aux ressortissants britanniques annonçait encore un démarrage « à partir du dernier trimestre de cette année ».

Le point de bascule se lit dans la dernière publication en date du portail, mise en ligne le 5 juillet 2026 et destinée aux agences de voyages : elle détaille le fonctionnement du dispositif, les frais, la durée de validité et les modalités de dépôt, mais ne mentionne plus aucune échéance. Elle emploie le futur et l'expression « une fois le système lancé ».

Ce que cela change concrètement pour vous

Rien à faire, et c'est précisément l'information utile. Aucune demande n'est acceptée, aucun formulaire n'est ouvert, et aucun voyage vers les 30 pays européens concernés ne requiert cette autorisation en l'état actuel des choses. Tant que le dispositif n'est pas en service, un site qui propose de déposer votre demande ne peut pas la transmettre : le système ne collecte rien.

Quand le démarrage sera annoncé, les demandes se feront uniquement sur le site officiel europa.eu/etias, via l'application mobile officielle ou une agence visa. Le préavis promis par les institutions est de plusieurs mois, ce qui laisse le temps de s'organiser une fois la date connue.

Qui sera concerné le jour du lancement

Le dispositif visera les ressortissants de 59 pays et territoires aujourd'hui dispensés de visa pour un séjour de courte durée en Europe. La liste couvre des passeports très divers : Brésil, Canada, Émirats arabes unis, États-Unis, Géorgie, Hong Kong, Israël, Japon, Malaisie, Maurice, Mexique, Moldavie, Royaume-Uni, Corée du Sud, Singapour, Taïwan, Ukraine, ou encore l'Albanie, la Serbie et le Monténégro.

Elle s'appliquera pour entrer dans 30 pays européens, soit les États de l'espace Schengen ainsi que la Bulgarie, la Croatie, Chypre et la Roumanie, l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. L'Irlande n'en fait pas partie.

Plusieurs catégories en seront dispensées, notamment les ressortissants de ces 30 pays et de l'Irlande, y compris ceux qui possèdent une autre nationalité par ailleurs : ils devront voyager avec le passeport européen ou irlandais. Les ressortissants britanniques bénéficiaires de l'accord de retrait qui détiennent un titre de séjour au format uniforme en sont également exemptés, avec deux exceptions notables : ceux dont l'État d'accueil est l'Irlande, et les titulaires d'un titre délivré par Chypre lorsqu'ils se rendent dans un autre pays du dispositif.

Les voyageurs qui ont besoin d'un visa pour l'Europe, eux, restent soumis au visa et ne sont pas concernés par cette autorisation.

Le tarif et les conditions déjà fixés

Les paramètres du dispositif sont arrêtés, seule la date manque. Les frais de dossier s'élèvent à 20 €, contre 7 € dans la version initiale du texte, une hausse décidée en juillet 2025 pour couvrir les coûts d'exploitation du système.

Sont dispensés de ce paiement les demandeurs de moins de 18 ans, ceux de plus de 70 ans, et les membres de famille d'un citoyen de l'Union qui remplissent les conditions de ce statut. La dispense porte sur les frais, pas sur la demande elle-même, qui reste obligatoire.

Des règles particulières s'appliquent aux documents de voyage de certains territoires : les passeports de Hong Kong et de Macao doivent être ceux des régions administratives spéciales, et le passeport taïwanais doit comporter un numéro de carte d'identité.

Les transporteurs auront leur rôle : compagnies aériennes, croisiéristes et autres opérateurs devront vérifier que leurs passagers détiennent une autorisation valable avant l'embarquement.

Le contrôle aux frontières, lui, fonctionne déjà

Le retard porte sur l'autorisation préalable, pas sur l'enregistrement aux frontières. Le système d'entrée et de sortie (EES), lancé progressivement le 12 octobre 2025, est pleinement en service depuis le 10 avril 2026 : il a remplacé le tamponnage des passeports et permet la détection automatique des dépassements de la durée de séjour autorisée.

Les 2 dispositifs répondent à des logiques différentes. L'enregistrement biométrique se fait au poste-frontière, à l'arrivée. L'autorisation de voyage, elle, se demandera en ligne avant le départ, et son absence pourra être opposée dès l'embarquement.

Le démarrage de l'autorisation de voyage sera suivi de périodes transitoire et de tolérance d'au moins 12 mois, prévues par le calendrier adopté par les ministres. Autrement dit, l'obligation ne deviendra pas opposable du jour au lendemain, et cette phase d'adaptation s'ajoutera au préavis de plusieurs mois annoncé avant le lancement.

Auteur
Anna Dennis

Spécialiste de la veille réglementaire et experte en contenus destinations, elle analyse quotidiennement l’évolution des formalités d’entrée pour traduire la complexité administrative en guides pratiques. Son rôle combine expertise terrain et précision technique afin de garantir la fiabilité des informations délivrées aux voyageurs.

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