Sas PARAFE : les nationalités admises à l'entrée et à la sortie ne sont pas les mêmes
Europe

Sas PARAFE : les nationalités admises à l'entrée et à la sortie ne sont pas les mêmes

Les sas automatiques PARAFE des aéroports, gares et ports français ne s'ouvrent pas aux mêmes passeports dans les deux sens.

À l'entrée, seuls les Européens et les ressortissants de seize pays tiers y ont accès. À la sortie, la liste publiée par le ministère de l'Intérieur ajoute 48 nationalités, de l'Algérie au Brésil en passant par la Chine et la Côte d'Ivoire.

Un panneau mal traduit à Roissy

Fin septembre 2026, plusieurs médias ont rapporté une erreur de traduction sur un panneau des sas PARAFE de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Dans la version chinoise, l'abréviation « CH », qui désigne la Suisse (Confoederatio Helvetica), avait été rendue par « Chine ». Aucune autorité n'a communiqué sur l'incident. Selon ces mêmes articles, le gestionnaire de l'aéroport a indiqué que la correction avait été demandée.

Le contresens tombe sur une règle que beaucoup de voyageurs ignorent. À l'arrivée en France, un passeport chinois ne donne pas accès aux sas. Au départ, si. Tout dépend du sens de passage, de l'âge du voyageur et, depuis l'entrée en service de l'EES, d'une étape préalable.

À l'entrée : les Européens et 16 pays tiers

Le code de la sécurité intérieure ouvre les sas, à l'entrée sur le territoire, aux citoyens de l'Union européenne, aux ressortissants des autres États de l'Espace économique européen et de la Suisse, ainsi qu'aux ressortissants des pays tiers dont la liste est fixée par arrêté du ministre de l'Intérieur. Le voyageur doit avoir au moins 12 ans.

Cette liste est celle de l'arrêté du 30 juin 2023. Elle compte seize pays : Andorre, Argentine, Australie, Canada, Chili, Corée du Sud, États-Unis, Israël, Japon, Mexique, Monaco, Nouvelle-Zélande, Pérou, Royaume-Uni, Saint-Marin et Singapour. C'est toujours ce texte que le ministère de l'Intérieur cite en référence.

Il faut un passeport biométrique en cours de validité. Les citoyens de l'Union peuvent aussi utiliser leur carte nationale d'identité biométrique. Pour tous les autres, le Brésilien, le Marocain ou le Turc par exemple, l'entrée se fait au guichet, devant un garde-frontière.

À la sortie : 48 nationalités de plus

Au départ, la règle change de nature. Le même article du code ouvre les sas de sortie aux personnes majeures « sans condition de nationalité ». Le document de voyage doit en revanche être biométrique, doté d'une bande de lecture automatique et émis par un pays qui a adhéré au répertoire de clés publiques de l'Organisation de l'aviation civile internationale, qui permet de vérifier l'authenticité de la puce.

La page du ministère de l'Intérieur consacrée à PARAFE publie la liste des nationalités éligibles en sortie. Elle reprend les pays admis à l'entrée et y ajoute : Albanie, Algérie, Azerbaïdjan, Bahamas, Barbade, Bénin, Bosnie-Herzégovine, Botswana, Brésil, Cameroun, Chine, Côte d'Ivoire, Émirats arabes unis, Équateur, Géorgie, Kazakhstan, Koweït, Liban, Macédoine du Nord, Malaisie, Maldives, Maroc, Moldavie, Monténégro, Népal, Oman, Ouganda, Ouzbékistan, Panama, Paraguay, Philippines, Qatar, Russie, Rwanda, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Serbie, Taïwan, Tadjikistan, Tanzanie, Thaïlande, Timor oriental, Turkménistan, Turquie, Ukraine, Uruguay, Vatican et Zimbabwe.

Un voyageur algérien ou camerounais qui repart de Roissy peut donc emprunter le sas, alors qu'il a dû passer au guichet à son arrivée. Pour un passeport absent de cette liste, tunisien, sénégalais, indien ou vietnamien par exemple, le ministère n'indique aucun accès aux sas : c'est le guichet qu'il faut prévoir.

La limite d'âge n'est pas la même non plus. Un mineur de 12 à 17 ans peut franchir un sas à l'arrivée, mais pas au départ, où il faut avoir 18 ans.

Depuis l'EES, un passage par la borne avant le sas

Une condition supplémentaire s'applique aux ressortissants de pays tiers depuis l'entrée en service du système européen d'entrée-sortie (EES), le 12 octobre 2025. Le code de la sécurité intérieure prévoit qu'ils ne peuvent bénéficier de PARAFE qu'après être passés par le « dispositif de pré-enregistrement ». Seuls les ressortissants d'Andorre, de Monaco et de Saint-Marin en sont dispensés. Les citoyens de l'Union, de l'Espace économique européen et de la Suisse ne sont pas concernés, puisqu'ils ne relèvent pas de l'EES.

Ce dispositif de pré-enregistrement est un système en libre-service qui saisit à l'avance les données destinées au dossier EES : identité, document de voyage, visa le cas échéant, empreintes de quatre doigts et image du visage. Il ne remplace pas le contrôle : il en déplace une partie hors de la file. Comme nous l'expliquions récemment, ce pré-enregistrement a pris de l'importance depuis que la soupape qui dispensait les frontières de relever les empreintes a expiré le 7 septembre 2026.

Pour un voyageur américain, japonais ou britannique qui arrive à Paris, le parcours prévu par les textes est donc le suivant : borne de pré-enregistrement, puis sas PARAFE.

Où trouver les sas, et comment les franchir

Le ministère de l'Intérieur recense des sas PARAFE dans 7 aéroports : Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly, Bâle-Mulhouse, Bordeaux, Lyon, Marseille et Nice. Il en existe aussi dans 4 points du trafic transmanche (gare du Nord et gare de Saint-Pancras à Londres pour l'Eurostar, terminaux de Coquelles et de Folkestone pour l'Eurotunnel) et au port de Calais.

Le passage se fait seul, sans lunettes, écharpe, chapeau ni masque. Le voyageur pose son passeport ouvert à la page de la photo sur le lecteur, entre dans le sas une fois la lecture validée, puis regarde la caméra : l'authentification repose sur la reconnaissance faciale. Les portes s'ouvrent quand les contrôles sont terminés.

Le dispositif est gratuit et facultatif. Un voyageur éligible peut toujours choisir le guichet. Selon le ministère, les données lues par le sas, dont l'image du visage, ne sont conservées que jusqu'à l'ouverture des portes.

Auteur
Sébastien Couix

En tant que CEO de Visamundi, je me consacre à faciliter les déplacements internationaux en aidant nos clients à obtenir des visas dans le monde entier. En restant à l'avant-garde des réglementations en constante évolution, je veille à ce que notre agence soit un pilier de confiance dans le domaine des services de visa.

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