
Kazakhstan : l'ETA sera gratuite mais obligatoire au 1er juillet 2027
Le Kazakhstan a fixé les règles définitives de son autorisation électronique d'entrée (ETA). Le texte adopté par le gouvernement entre en vigueur le 24 octobre 2026 : l'autorisation sera délivrée gratuitement, déployée par étapes à partir du 1er novembre 2026, et pourra être exigée à la frontière à compter du 1er juillet 2027.
Elle concerne les voyageurs qui entrent aujourd'hui sans visa, y compris les citoyens de l'Union économique eurasiatique.
Gratuite : le texte final tranche la question du tarif
En août, nous vous expliquions que le ministère de l'Intérieur kazakh soumettait à consultation un projet rendant l'autorisation payante, sans en fixer le montant. En septembre, pendant la phase pilote, une estimation d'environ 3 900 tenge 7,77 € (et 7 600 tenge 15,14 € en cas de paiement à la frontière) avait ensuite été relayée par une ambassade kazakhe.
La version adoptée met fin à ces hypothèses. Selon l'agence d'État Kazinform, qui en a publié de larges extraits le 14 octobre 2026, les frais de délivrance « seront de zéro tenge ». Les montants qui circulent encore sur de nombreux sites ne correspondent donc à aucun tarif officiel : l'État kazakh ne facture rien pour cette autorisation.

Qui devra la demander
Le texte vise 3 groupes de voyageurs, pour l'entrée comme pour le transit par le territoire kazakh :
les ressortissants des pays inscrits sur la liste d'exemption de visa des règles d'entrée kazakhes ;
les citoyens des États de l'Union économique eurasiatique (Russie, Biélorussie, Arménie, Kirghizistan) ;
les ressortissants des pays liés au Kazakhstan par un accord bilatéral de voyage sans visa.
Jusqu'ici, les citoyens russes, biélorusses, arméniens ou kirghiz franchissaient la frontière sans aucune démarche préalable. Ils devront désormais, eux aussi, obtenir l'autorisation en ligne avant leur départ.
L'ETA ne crée pas de visa et ne modifie pas les durées de séjour. Les citoyens des États-Unis, du Royaume-Uni, d'Allemagne, de France, du Japon ou de Corée du Sud, par exemple, restent autorisés à séjourner jusqu'à 30 jours par voyage, dans la limite de 90 jours sur toute période de 180 jours.
Un calendrier en quatre temps selon le point d'entrée
Le déploiement suit le lieu par lequel vous entrez au Kazakhstan, pas votre nationalité :
Date | Points de passage concernés |
|---|---|
1er novembre 2026 | Aéroport international d'Aktau et 4 postes routiers : Urlyutobe (région de Pavlodar), Aukhatty (région de Jambyl), Atameken (région du Turkestan) et Nurly Zhol (région de Jetyssou) |
1er janvier 2027 | Aéroports internationaux d'Astana et d'Almaty |
1er mars 2027 | Tous les autres points de passage de la frontière |
1er juillet 2027 | L'absence d'autorisation peut entraîner un refus d'entrée |
Le texte est explicite sur la période de transition : à toutes les étapes, jusqu'au 1er juillet 2027, aucun étranger ne se verra refuser l'entrée faute d'autorisation. Un voyageur qui atterrit à Almaty en février 2027 sans ETA sera donc admis. À partir du 1er juillet 2027, l'autorisation devient une condition d'entrée.
Comment l'obtenir
La demande se dépose uniquement en ligne, sur la plateforme numérique de l'État destinée aux étrangers, QazETA, lancée en phase pilote en janvier 2026. Elle doit être envoyée au plus tard 72 heures avant la date d'entrée prévue et passe par une étape d'identification du demandeur.
L'autorisation est délivrée par les services du ministère de l'Intérieur, après accord des services de sécurité nationale, pour une durée de 180 jours calendaires. Au contrôle des passeports, il faut présenter le passeport ou le document d'identité qui a servi à la demande. Un passeport renouvelé après la demande ne correspond donc plus à l'autorisation obtenue.
Les voyageurs dispensés
Le texte énumère 29 catégories exemptées, sur présentation des justificatifs correspondants. Celles qui concernent le plus de voyageurs sont :
les enfants de moins de 16 ans ;
les personnes âgées de 65 ans et plus ;
les titulaires d'un visa kazakh en cours de validité ;
les titulaires d'un permis de séjour temporaire ou d'un titre de résident au Kazakhstan ;
les passagers en transit qui restent en zone internationale d'un aéroport sans franchir la frontière ;
les équipages d'avions, de navires et de trains, ainsi que les chauffeurs routiers de fret et d'autocars de plus de 12 places en trafic international.
S'y ajoutent les titulaires de passeports diplomatiques ou de service, les membres de délégations officielles, les réfugiés et demandeurs d'asile, ainsi que les personnes invitées par certaines institutions kazakhes (administration présidentielle, gouvernement, ministère des Affaires étrangères notamment). Une famille avec un adolescent de 15 ans et des grands-parents de 67 ans n'aura donc que les autorisations des deux parents à demander.
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