
L'assurance obligatoire pour la Tanzanie continentale est imminente
La Tanzanie continentale impose aux visiteurs étrangers une assurance voyage locale de 44 dollars américains, inscrite dans sa loi de finances depuis le 1er juillet 2025.
Les ressortissants des pays de la Communauté d'Afrique de l'Est et de la Communauté de développement d'Afrique australe en sont dispensés. À ce jour, aucune autorité tanzanienne n'a annoncé de date à laquelle la mesure serait contrôlée aux postes-frontières du continent.
Ce que dit exactement le texte
L'obligation ne vient pas d'une circulaire administrative mais d'une loi : le Finance Act 2025, entré en vigueur le 1er juillet 2025, a inséré une section 134A dans l'Insurance Act tanzanien. Le texte est direct : tout étranger entrant en Tanzanie continentale par la route, par un port maritime ou par un aéroport doit, à son arrivée, souscrire une police d'assurance voyage entrante dont la prime équivaut, en shillings tanzaniens, à 44 USD 38,34 €.

La loi fixe elle-même la durée et l'objet de la couverture. Elle vaut pour un séjour de 92 jours au maximum à compter de la date d'arrivée, et doit couvrir 3 situations : l'urgence médicale, la perte de bagages, et l'évacuation ou le rapatriement médical d'urgence. La police est émise par la National Insurance Corporation, l'assureur public tanzanien, ou par un assureur enregistré travaillant en partenariat avec elle.
Qui doit payer, qui en est dispensé
Le périmètre est celui de la Tanzanie continentale, et il est large : la loi vise les étrangers, sans distinguer le motif du voyage ni le point d'entrée. Un voyageur qui arrive à Dar es Salaam en avion, qui franchit la frontière depuis la Zambie par la route ou qui débarque dans un port est logé à la même enseigne.
La seule exception inscrite dans le texte est régionale. La section 134A écarte expressément les résidents des États partenaires de la Communauté d'Afrique de l'Est et de ceux de la Communauté de développement d'Afrique australe. Concrètement, cela couvre une large part du continent : Kenya, Ouganda, Rwanda, Burundi, Soudan du Sud, République démocratique du Congo et Somalie pour l'EAC, auxquels s'ajoutent l'Afrique du Sud, l'Angola, le Botswana, le Malawi, la Namibie, le Mozambique, la Zambie ou le Zimbabwe pour la SADC. Pour tous les autres passeports, belge, canadien, français, ivoirien, libanais, marocain, sénégalais ou vietnamien, la prime s'applique dans les mêmes termes.

La loi ne prévoit aucune équivalence avec une assurance souscrite à l'étranger. Une police européenne, une garantie adossée à une carte bancaire ou une couverture d'assistance internationale ne dispensent pas du produit local : c'est une prime réglementée, versée à l'assureur public tanzanien, pas une preuve de couverture à présenter.
Une mesure votée mais pas encore appliquée au continent
Quinze mois après le vote, la mesure reste sans application visible pour le voyageur. Le régulateur tanzanien du secteur, la Tanzania Insurance Regulatory Authority, ne publie à ce jour ni règlement d'application ni circulaire consacrés à cette assurance dans ses pages « Insurance Regulations » et « Circulars ».
La presse a fait état début septembre 2026 de la parution d'un règlement d'application qui reprendrait ces paramètres, mais aucune administration n'a communiqué de date de bascule. Tant que ce calendrier n'est pas publié, le voyageur en partance pour le continent n'a pas de démarche à accomplir.
Cette latence n'a rien d'inhabituel dans la région. Au Kenya, le projet d'assurance santé obligatoire pour les voyageurs étrangers, à la couverture minimale bien plus élevée, n'est toujours pas appliqué aux frontières, et son application a même été suspendue par la justice en août 2026. Une obligation inscrite dans un texte et une obligation contrôlée au guichet d'immigration sont deux choses distinctes.
Zanzibar, lui, contrôle déjà
L'archipel de Zanzibar, qui dispose de sa propre administration en matière d'assurance, applique de son côté un dispositif comparable depuis 2024, avec un contrôle effectif à l'arrivée. La FAQ officielle du dispositif fixe la prime à 44 USD par visiteur, toutes charges comprises, pour une validité de 92 jours consécutifs à l'intérieur de la Tanzanie. Le prix varie en fonction de l'âge...
La police de Zanzibar n'est pas renouvelable : un visiteur encore présent après 92 jours doit en souscrire une nouvelle. D'autre part, la FAQ indique noir sur blanc qu'une assurance internationale n'est pas acceptée comme preuve de couverture, la police devant être émise par la Zanzibar Insurance Corporation. Le document précise également que le plan de base ne couvre pas les actes de terrorisme, ni les affections préexistantes.
Les 2 dispositifs sont portés par des assureurs différents, la Zanzibar Insurance Corporation pour l'archipel et la National Insurance Corporation pour le continent, et aucun texte ne prévoit à ce jour qu'une police vaille pour l'autre territoire. Un itinéraire qui combine un safari sur le continent et une semaine à Zanzibar peut donc, le jour où le volet continental sera appliqué, appeler deux souscriptions distinctes.
En tant que CEO de Visamundi, je me consacre à faciliter les déplacements internationaux en aidant nos clients à obtenir des visas dans le monde entier. En restant à l'avant-garde des réglementations en constante évolution, je veille à ce que notre agence soit un pilier de confiance dans le domaine des services de visa.
