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La taxe de séjour britannique sera un pourcentage du prix, sans plafond
Europe

La taxe de séjour britannique sera un pourcentage du prix, sans plafond

Le gouvernement britannique a publié le 10 septembre 2026 sa réponse à la consultation sur la taxe de séjour en Angleterre.

Le cadre est arrêté : la taxe sera calculée en pourcentage du prix de l'hébergement, aucun plafond national ne limitera le taux, et une loi sera déposée durant la session parlementaire en cours.

Un pourcentage du prix, pas un forfait par nuit

C'est la décision structurante du document, et elle distingue l'Angleterre de la plupart des villes qui taxent déjà les nuitées. Là où Paris, Berlin ou Amsterdam appliquent le plus souvent un montant fixe par personne et par nuit, l'Angleterre a retenu un pourcentage du prix payé.

Le gouvernement justifie ce choix par la proportionnalité : une chambre bon marché supporte une taxe faible, une suite une taxe élevée. Le texte ajoute un argument pratique, celui de l'entretien du dispositif. Un pourcentage suit mécaniquement les variations de prix liées aux saisons ou à l'inflation, ce qui évite d'avoir à réviser régulièrement un barème.

Les prestations annexes sortent de l'assiette. Si votre réservation inclut les repas, un spectacle ou un transfert, seule la part hébergement est taxée. Le gouvernement reconnaît que ce découpage reste à préciser pour les offres en forfait, et poursuit ses échanges techniques avec le secteur sur ce point.

Une question n'est pas tranchée : le moment exact où la taxe devient due. L'arrivée avait été proposée, mais les réponses se sont partagées presque à égalité entre l'arrivée et la réservation. Le gouvernement examine encore la question, ainsi que le rôle éventuel des plateformes de réservation dans la collecte.

Aucun plafond, ni sur le taux ni sur la durée

Le gouvernement écrit qu'il « n'a pas l'intention de fixer un plafond » du taux, tout en qualifiant la question de finement équilibrée et en indiquant qu'il continuera à en examiner l'opportunité. C'est un arbitrage assumé contre l'avis majoritaire des répondants : 58 % d'entre eux, sur 1 223 réponses, demandaient un plafond national. La réponse gouvernementale est publiée en intégralité sur le site du ministère.

L'argument avancé tient en une phrase du document : un plafond fixé nationalement finirait par fonctionner comme un taux par défaut, appliqué partout indépendamment des réalités locales.

Le nombre de nuits taxées n'est pas plafonné non plus, et les autorités locales n'auront pas le droit d'en instaurer un elles-mêmes. Un séjour de trois semaines sera donc taxé sur toute sa durée. Pour un voyageur en déplacement long, en mobilité professionnelle ou en séjour familial prolongé, c'est le point qui pèsera le plus sur le budget.

Chaque autorité fixera en revanche un taux unique, valable toute l'année. Pas de tarif haute saison, pas de distinction entre un hôtel et une location courte durée, pas de variation d'une commune à l'autre à l'intérieur d'un même territoire. Le gouvernement a également écarté la possibilité qu'une autorité n'applique la taxe qu'à une partie de son ressort, jugeant qu'une carte à géométrie variable serait déroutante pour les visiteurs et coûteuse pour les hébergeurs.

Qui peut la lever, et où ?

Deux catégories d'autorités pourront instaurer la taxe : les mayoral strategic authorities et les foundation strategic authorities. Cette seconde catégorie était en débat, et 53 % des répondants s'opposaient à son inclusion. Le gouvernement a tranché en sa faveur, au motif que ces territoires abritent des destinations touristiques importantes et que leurs habitants doivent pouvoir bénéficier des mêmes retombées que ceux des zones dotées d'un maire. Le périmètre dépasse donc largement Londres et le Grand Manchester.

La taxe reste facultative : chaque autorité décide de l'instaurer ou non, après une consultation locale obligatoire portant sur le taux, le calendrier, les exonérations et l'usage prévu des recettes.

Le gouvernement avait proposé d'imposer un préavis national d'au moins 12 mois entre la décision et l'entrée en vigueur. Il y a renoncé : le délai relèvera de chaque autorité locale. Les dates d'application varieront donc d'un territoire à l'autre, et rien ne garantit un préavis uniforme.

Ce qui est taxé, et les quelques exceptions

Le champ est volontairement large. Tous les hébergements touristiques commerciaux de courte durée entrent dans le périmètre : hôtels, chambres d'hôtes, maisons d'hôtes, locations de vacances, locations courte durée, campings, auberges. Un seuil de minimis épargnera les hébergeurs les plus occasionnels, ceux pour qui le coût administratif dépasserait le produit de la taxe.

Quatre exonérations valent pour toute l'Angleterre : l'hébergement non commercial, autrement dit la nuit chez des proches, l'hébergement temporaire dédié qui sert de résidence principale, l'hébergement caritatif de type abri ou refuge, et les aires de gens du voyage enregistrées.

Les autorités pourront ajouter localement quelques catégories, après consultation : emplacements de tente, emplacements de caravanes de passage, auberges de jeunesse et hébergements comparables, souvent utilisés pour des voyages scolaires ou associatifs à faible coût.

Une précision qui évite un malentendu fréquent : les exonérations reposent sur le type d'hébergement, jamais sur le profil du voyageur. Il n'y aura pas de tarif réduit selon l'âge, le motif du séjour ou la situation personnelle. Le gouvernement écarte explicitement cette piste pour ne pas obliger les voyageurs à justifier leur situation auprès d'un hébergeur.

Juridiquement, le redevable est l'hébergeur. C'est lui qui calcule le montant dû, le déclare en auto-liquidation et le reverse à l'autorité, comme en Écosse, au Pays de Galles et dans la plupart des dispositifs étrangers.

Le document précise ensuite ce que cela donnera en pratique : l'hébergeur « peut choisir de répercuter tout ou partie du coût » sur le visiteur, au même titre que n'importe quelle autre charge. La taxe apparaîtra donc sur votre facture, en supplément du prix affiché ou intégrée à celui-ci selon la politique tarifaire de l'établissement.

Rien n'est exigible avant l'adoption de la loi, et aucune taxe ne sera due tant qu'une autorité n'a pas mené sa consultation locale et fixé sa date d'entrée en vigueur. Le gouvernement s'attend à ce que les exécutifs locaux présentent leurs plans d'affectation des recettes d'ici mars 2028, ce qui donne l'horizon réaliste des premières perceptions.

Cette taxe est sans lien avec les formalités d'entrée au Royaume-Uni : elle ne modifie ni les régimes de visa, ni l'autorisation électronique de voyage exigée avant l'embarquement. Elle s'inscrit en revanche dans un mouvement européen que nous suivons depuis plusieurs années, des taxes de séjour qui se généralisent d'une destination à l'autre.

Auteur
Sébastien Couix

En tant que CEO de Visamundi, je me consacre à faciliter les déplacements internationaux en aidant nos clients à obtenir des visas dans le monde entier. En restant à l'avant-garde des réglementations en constante évolution, je veille à ce que notre agence soit un pilier de confiance dans le domaine des services de visa.

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