L'Europe modernise en profondeur ses contrôles aux frontières avec deux systèmes complémentaires qui transforment l'expérience des voyageurs non européens : l'EES (Entry/Exit System), déjà opérationnel depuis le 10 avril 2026, et l'ETIAS (European Travel Information and Authorisation System), dont la date de lancement n'est plus arrêtée — l'objectif du dernier trimestre 2026 a été retiré des pages officielles de l'UE en juillet 2026. Ces dispositifs ne sont pas des visas : l'EES enregistre vos données biométriques au franchissement de la frontière, tandis que l'ETIAS est une autorisation de voyage électronique à obtenir avant le départ. Ensemble, ils concernent des centaines de millions de voyageurs à travers le monde.
01 · L'essentiel
Tout voyageur non-UE est concerné par au moins un des deux systèmes : l'EES (enregistrement biométrique à la frontière, opérationnel depuis le 10 avril 2026) et/ou l'ETIAS (autorisation électronique pré-départ, date de lancement non encore arrêtée).
Les deux dispositifs n'ont pas le même périmètre. L'EES est appliqué par les 29 États de l'espace Schengen uniquement ; l'ETIAS sera exigé par 30 pays (les 29 États Schengen + Chypre). L'Irlande n'applique ni l'un ni l'autre, et les micro-États (Andorre, Monaco, Saint-Marin, Vatican) ne figurent sur aucune des deux listes.
L'application officielle Travel to Europe (iOS et Android) permet à tous les voyageurs non-UE de pré-enregistrer leurs données EES jusqu'à 72 heures avant l'arrivée, dans les aéroports participants.

Depuis le 10 avril 2026, le passage d'une frontière extérieure de l'espace Schengen a changé de visage pour tous les voyageurs non européens. L'EES (Entry/Exit System) est désormais pleinement opérationnel dans les 29 pays participant au dispositif. Il ne s'agit pas d'une formalité à accomplir en amont de votre voyage : l'EES se déclenche automatiquement lors de chaque franchissement de frontière et remplace l'ancien tamponnage manuel de votre passeport.
L'ETIAS (European Travel Information and Authorisation System), lui, ressemble davantage à l'ESTA américain ou à l'eTA canadien. C'est une autorisation de voyage électronique pré-départ : vous l'obtenez en ligne avant d'embarquer, et elle reste valable pendant trois ans ou jusqu'à l'expiration de votre passeport. Sa date de lancement, en revanche, n'est plus arrêtée : l'objectif du dernier trimestre 2026 a été retiré des pages officielles de l'Union européenne en juillet 2026, et un calendrier révisé est attendu à l'issue du conseil d'administration d'eu-LISA de septembre 2026.
Point fondamental : ni l'EES ni l'ETIAS ne sont des visas. L'EES est un système de contrôle aux frontières ; l'ETIAS est une autorisation de voyage réservée aux ressortissants des 59 nationalités actuellement exemptées de visa Schengen. Les voyageurs soumis à un visa Schengen classique ne sont pas concernés par l'ETIAS et continueront à demander un visa en ambassade.
02 · L'EES en détail
Le Système d'entrée/sortie (Entry/Exit System, EES) est un dispositif numérique qui remplace le tamponnage manuel des passeports par un enregistrement biométrique électronique. Lancé le 12 octobre 2025 avec un déploiement progressif dans 29 pays européens, l'EES enregistre automatiquement chaque entrée et chaque sortie des citoyens non européens qui franchissent une frontière extérieure de l'espace Schengen.
Concrètement, lors de votre premier passage aux frontières européennes après le déploiement de l'EES, les autorités frontalières collecteront vos données biométriques et les informations issues de votre document de voyage. Ces informations, conservées 3 ans (et jusqu'à 5 ans en l'absence d'enregistrement de sortie, c'est-à-dire en cas de dépassement de séjour présumé), remplaceront les tampons physiques dans le passeport et permettront aux autorités de détecter plus facilement les dépassements de durée de séjour (la règle des 90 jours sur 180 jours), de lutter contre le vol d'identité et de renforcer la sécurité aux frontières.
Les autorités collectent 4 empreintes digitales lors de votre premier franchissement de frontière. Ces données biométriques sont ensuite stockées dans le système européen pour une durée de 3 ans.
Une photographie de votre visage est enregistrée par reconnaissance faciale pour vous identifier lors de vos passages ultérieurs aux frontières de l'espace Schengen.
Les informations de votre document de voyage (numéro, date d'expiration, nationalité) sont intégrées dans le système afin d'associer vos données biométriques à votre identité officielle.
La date et le lieu de chaque franchissement de frontière sont enregistrés automatiquement, permettant de calculer en temps réel la durée cumulée de votre séjour dans l'espace Schengen.
L'EES s'applique aux ressortissants de pays tiers effectuant un court séjour (90 jours sur toute période de 180 jours) qui franchissent une frontière extérieure de l'espace Schengen, qu'ils soient soumis à une obligation de visa Schengen (visa de court séjour) ou exemptés de visa. Il se déclenche à chaque franchissement de frontière, que ce soit par voie aérienne, terrestre ou maritime. L'EES concerne donc un nombre de voyageurs bien plus large que l'ETIAS.
Une précision essentielle, souvent passée sous silence : tous les voyageurs non européens ne sont pas enregistrés dans l'EES. Le règlement prévoit plusieurs exemptions permanentes, qui concernent notamment les millions de ressortissants de pays tiers résidant en Europe.
Les ressortissants des États membres de l'UE, ainsi que d'Islande, du Liechtenstein, de Norvège et de Suisse, ne sont pas enregistrés dans l'EES.
Les ressortissants de pays tiers titulaires d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour délivré par un pays qui applique l'EES en sont exemptés. Exception à connaître : les titres de séjour et visas de long séjour délivrés par <strong>Chypre ou l'Irlande</strong> n'exemptent pas — leurs titulaires sont bien enregistrés dans l'EES.
Un ressortissant de pays tiers membre de la famille d'un citoyen de l'UE, d'Islande, du Liechtenstein, de Norvège ou de Suisse est exempté s'il détient une carte de séjour ou un titre de séjour — qu'il voyage ou non avec ce membre de sa famille. Sans ce document, il est enregistré dans l'EES.
Les ressortissants d'Andorre, de Monaco et de Saint-Marin, ainsi que les titulaires d'un passeport de l'État de la Cité du Vatican ou du Saint-Siège, sont exemptés d'enregistrement EES.
03 · Difficultés de déploiement

Le déploiement de l'EES ne s'est pas fait sans heurts. Depuis le lancement, plusieurs aéroports européens ont connu des files d'attente considérables et des problèmes techniques significatifs. À Lisbonne, l'aéroport a dû suspendre l'EES pendant 3 mois après des déficiences graves au contrôle frontalier, avec des temps d'attente atteignant 7 heures. À Genève, des files de 5 à 6 heures ont été observées pour le seul enregistrement biométrique.
À Bruxelles, les contrôles ont pris jusqu'à 2 heures à l'arrivée pour les passagers non-UE en mars 2026. Le 6 et 7 février 2026, une panne logicielle a désactivé les 24 portes électroniques du terminal non-Schengen, provoquant 90 minutes de queue. À Paris CDG, les portes automatiques Parafe ne sont pas encore toutes compatibles avec les passeports britanniques et américains.
En moyenne, les contrôles frontaliers prennent jusqu'à 70 % plus de temps dans certaines localisations, avec des pics de 3 heures en période d'affluence. La République tchèque a même demandé à ses agents de collecter les données biométriques manuellement, faute de bornes en libre-service opérationnelles.
04 · L'ETIAS en détail

L'ETIAS (European Travel Information and Authorisation System — Système européen d'information et d'autorisation de voyage) est une autorisation de voyage électronique pré-départ, comparable à l'ESTA américain ou à l'eTA canadien. Il ne s'agit pas d'un visa, mais d'un contrôle de sécurité effectué en amont du voyage pour les ressortissants de pays exemptés de visa Schengen.
L'ETIAS permettra aux autorités européennes de vérifier, avant l'embarquement, que les voyageurs exemptés de visa ne représentent aucun risque pour la sécurité de l'Union européenne. Les informations fournies (identité, nationalité, adresse, niveau de formation, expérience professionnelle, antécédents de voyage, etc.) seront croisées avec des bases de données de sécurité telles qu'Europol, Interpol ou le Système d'information Schengen.
L'ETIAS a connu de nombreux reports depuis son annonce initiale : prévu en 2021, puis repoussé à 2023, 2024 et 2025, il visait encore récemment le dernier trimestre 2026. Cet objectif a été abandonné : en juillet 2026, la mention du quatrième trimestre 2026 a été retirée des pages officielles de l'Union européenne, qui indiquent désormais seulement que la date sera annoncée plusieurs mois avant la mise en service. eu-LISA, l'agence chargée de construire le système, a reconnu qu'un lancement d'ici fin 2026 n'était plus réalisable, et un calendrier révisé est attendu après la réunion de son conseil d'administration de septembre 2026. Le Financial Times évoque un report en 2027.
L'ETIAS concernera les ressortissants de 59 pays actuellement exemptés de visa pour l'espace Schengen. Parmi les nationalités les plus concernées dans les Amériques : les États-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, l'Argentine, la Colombie, le Chili, le Pérou, l'Uruguay, le Costa Rica, le Panama, le Honduras, le Guatemala, El Salvador, le Nicaragua, le Paraguay et le Venezuela. En Asie-Pacifique : le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Malaisie, Brunei, Taïwan, Hong Kong et Macao. En Europe hors Schengen : le Royaume-Uni, l'Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Macédoine du Nord, l'Albanie et la Serbie. Au Moyen-Orient et ailleurs : les Émirats Arabes Unis, Israël et diverses nations insulaires.
Important : les citoyens de l'Union européenne, de l'Espace économique européen (EEE) et de la Suisse ne sont pas concernés par l'ETIAS. Les voyageurs soumis à une obligation de visa Schengen (visa de court séjour) ne sont pas non plus concernés : ils continueront à demander un visa classique auprès d'une ambassade ou d'un consulat.
05 · Pays couverts
L'ETIAS sera requis pour entrer dans 30 pays européens. Le périmètre géographique n'est pas celui de l'Union européenne : il recouvre l'espace Schengen, plus Chypre — et il ne se confond pas non plus avec celui de l'EES, appliqué par 29 pays seulement.
Sont concernés les 29 pays de l'espace Schengen (25 États membres de l'UE et 4 États de l'AELE) : l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Islande (AELE), l'Italie, la Lettonie, le Liechtenstein (AELE), la Lituanie, le Luxembourg, Malte, la Norvège (AELE), les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, la République tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Suède et la Suisse (AELE).
S'y ajoute Chypre, seul pays hors espace Schengen figurant sur la liste ETIAS — soit 30 pays au total. Chypre n'appartient pas encore à l'espace Schengen : la Commission européenne a adopté le 14 juillet 2026 une évaluation positive de sa préparation, et la décision revient désormais au Conseil de l'UE, saisi à partir de septembre 2026. Jusqu'à son adhésion effective, Chypre conserve ses propres contrôles et son visa national, et n'applique pas l'EES : les passeports y sont toujours tamponnés manuellement.
Deux précisions souvent mal comprises. L'Irlande, État membre de l'UE bénéficiant d'une clause d'exemption Schengen, n'applique ni l'EES ni l'ETIAS : ses règles d'entrée restent inchangées, et les déplacements entre l'Irlande et le Royaume-Uni relèvent de la zone de voyage commune (CTA). Les micro-États — Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican — ne figurent sur aucune des deux listes : ils n'ont pas de frontière contrôlée avec l'espace Schengen, si bien que c'est votre entrée dans l'espace Schengen (par la France, l'Espagne ou l'Italie) qui déclenche l'EES, puis l'ETIAS le moment venu.
les 29 États de l'espace Schengen + Chypre — ni l'Irlande, ni les micro-États
Les deux systèmes — EES et ETIAS — sont complémentaires. L'ETIAS vérifie les voyageurs avant leur arrivée en Europe, tandis que l'EES les enregistre au moment du passage frontalier. Ensemble, ils permettront à l'UE de suivre les entrées et sorties de manière fiable, de détecter les dépassements de séjour et de renforcer la sécurité sans compromettre la fluidité des voyages.
Pour les voyageurs, qu'ils soient dans l'obligation de demander un visa Schengen ou non, ces systèmes seront synonymes de simplicité et de fluidité à moyen terme, malgré les difficultés initiales de déploiement. En 2024, l'Europe a accueilli 747 millions de visiteurs internationaux selon ONU Tourisme, confirmant sa place de première région touristique mondiale. L'ETIAS et l'EES visent à gérer cette affluence de manière plus efficace et sécurisée.
06 · Avant de partir
L'entrée en vigueur de l'EES, désormais achevée, et l'arrivée à venir de l'ETIAS — dont la date n'est pas encore fixée — modifient concrètement la préparation d'un voyage vers l'espace Schengen. Que vous soyez actuellement soumis à un visa classique ou exempté de visa, voici les points essentiels à anticiper pour éviter les mauvaises surprises aux frontières.
Si vous êtes ressortissant d'un pays exempté de visa Schengen (l'une des 59 nationalités concernées par l'ETIAS), vous devrez impérativement obtenir votre autorisation de voyage électronique avant d'embarquer dès la mise en service du système, dont la date reste à annoncer. Une période de transition de 6 mois est prévue, pendant laquelle aucun refus d'entrée ne sera prononcé sans ETIAS, mais mieux vaut anticiper et éviter les incertitudes de dernière minute.
Si vous êtes soumis à un visa Schengen classique, votre démarche ne change pas fondamentalement : vous continuerez à obtenir votre visa auprès de l'ambassade ou du consulat compétent. En revanche, le passage de la frontière physique sera modifié par l'EES, qui collectera vos données biométriques lors de votre premier franchissement.
Déterminez si vous êtes soumis à un visa Schengen ou exempté de visa. Les ressortissants de 59 nationalités exemptées de visa devront obtenir l'ETIAS dès son lancement, dont la date reste à annoncer. Les autres continueront à demander un visa classique.
Votre passeport doit être valide pour toute la durée de votre séjour et de préférence plusieurs mois au-delà. Assurez-vous qu'il comporte des pages vierges suffisantes pour les contrôles et annotations éventuelles.
Dès l'ouverture de la plateforme ETIAS, effectuez votre demande en ligne suffisamment à l'avance de votre voyage. Munissez-vous de vos informations personnelles, de votre adresse, de vos antécédents de voyage et de votre situation professionnelle.
En raison des difficultés de déploiement de l'EES, anticipez des temps d'attente allongés aux postes-frontières, en particulier dans les grands aéroports. Prévoyez des correspondances suffisamment longues et arrivez tôt à l'aéroport.
Cette application officielle de l'UE (iOS et Android) permet de pré-enregistrer vos données EES jusqu'à 72 heures avant l'arrivée dans les pays où elle est disponible (Portugal, Suède, et progressivement France, Italie, Pays-Bas).
Avec l'EES, la règle des 90 jours sur 180 est désormais calculée et vérifiée automatiquement à chaque passage de frontière. Planifiez vos séjours en conséquence pour éviter toute situation de dépassement, dont les conséquences peuvent être sévères.
L'Europe ne demande pas de visa aux ressortissants des 59 nationalités exemptées, mais exigera bientôt une autorisation de voyage électronique ETIAS (20 €, valable 3 ans) à obtenir avant tout départ pour l'espace Schengen. Pour l'ensemble des voyageurs non européens, le passage à la frontière a changé depuis le 10 avril 2026 avec l'EES : vos données biométriques (empreintes, image faciale) sont désormais enregistrées électroniquement à chaque franchissement, en lieu et place des anciens tampons passeport. Anticipez des temps d'attente allongés dans les grands aéroports, pré-enregistrez vos données via l'application Travel to Europe quand c'est possible, et vérifiez la validité de votre passeport avant de réserver votre voyage.
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