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Les Africains ont perdu 56 millions d'euros en visas Schengen refusés en 2023

En 2023, les ressortissants africains ont dépensé plus de 56 millions d'euros pour des demandes de visas Schengen qui ont été refusées. Cette somme représente une perte considérable pour les demandeurs et soulève des questions sur l'équité du système de visa Schengen. Selon les statistiques, 704 000 demandes de visas ont été rejetées.

Les pays les plus touchés par les refus de visa Schengen

Les Algériens ont été les plus touchés par les refus de visas Schengen en 2023. Avec 166 200 demandes rejetées sur 474 032 déposées, ils ont perdu plus de 13 millions d'euros. Le taux de refus pour les Algériens est de 35 %, ce qui est l'un des plus élevés parmi les pays africains. Le coût de la demande de visa, qui était de 80 euros avant l'augmentation récente, représente plus d'un tiers du salaire moyen en Algérie.

Les Marocains suivent avec 136 300 refus de visas, entraînant une perte de près de 11 millions d'euros. Les autres pays fortement impactés incluent l'Égypte (3,7 millions d'euros), le Nigeria (3,4 millions d'euros) et la Tunisie (3,1 millions d'euros). Les Sénégalais, avec 2,11 millions d'euros perdus, complètent cette liste.

Pays

Nombre de refus

Montant perdu (en millions d'euros)

Taux de refus

Algérie

166 200

13,0

35%

Maroc

136 300

11,0

Non spécifié

Égypte

Non spécifié

3,7

Non spécifié

Nigeria

Non spécifié

3,4

Non spécifié

Tunisie

Non spécifié

3,1

Non spécifié

Sénégal

Non spécifié

2,11

Non spécifié

Les 56 millions d'euros perdus par les Africains représentent 43 % du total des sommes perdues par les ressortissants non européens dont les visas Schengen ont été refusés. L'augmentation du coût de la demande de visa à 90 euros depuis le 11 juin 2023 accentue encore l'impact financier des refus. Cette augmentation est justifiée par la Commission européenne par l'inflation dans les États membres, mais elle alourdit la charge financière pour les demandeurs africains.

Les frais de visa refusés ne sont pas remboursés, impliquant souvent des intermédiaires privés.

Les visas comme outil diplomatique

L'Union européenne utilise la politique des visas comme un outil diplomatique, notamment envers les pays jugés insuffisamment coopératifs en matière de réadmission de leurs ressortissants en situation irrégulière dans l'UE. Cette approche soulève des questions sur l'équilibre entre les objectifs de contrôle migratoire et les impacts économiques sur les pays d'origine des demandeurs.

Numérisation des procédures de visa Schengen

Le Conseil de l'Union européenne a récemment adopté de nouvelles règles visant à numériser la procédure de visa Schengen. Cette initiative, présentée par la Commission européenne l'an passé, vise à simplifier le processus de demande de visa en supprimant la vignette-visa physique et en permettant le dépôt des demandes en ligne via une plateforme dédiée. Les objectifs de cette numérisation incluent l'amélioration de la procédure de demande de visa, la réduction des coûts et de la charge administrative pour les pays de l'UE et les demandeurs, ainsi que la facilitation du voyage pour les détenteurs de visa Schengen.

Élargissement de l'espace Schengen

L'actualité récente concernant l'espace Schengen inclut l'adhésion partielle de la Bulgarie et de la Roumanie à partir du 31 mars 2024. Bien que cette évolution ne concerne pas directement les demandeurs africains, elle illustre la dynamique d'expansion et de transformation continue de l'espace Schengen. L'intégration de ces pays pourrait influencer indirectement les politiques de visa et les flux touristiques dans l'ensemble de l'espace Schengen, avec des répercussions potentielles sur les demandeurs de visa de toutes origines.

Selon les chiffres publiés par la Commission européenne, les consulats des pays de l'UE et des pays associés à l'espace Schengen ont reçu plus de 10,3 millions de demandes de visas de court séjour en 2023, soit une augmentation de 37 % par rapport à 2022. Cependant, ce chiffre reste inférieur aux 17 millions de demandes enregistrées en 2019, avant la pandémie de COVID-19. Le taux de refus global a légèrement diminué, passant de 17,9 % en 2022 à 16 % en 2023. Certains pays ont connu une augmentation de leur taux de refus, comme l'Iran, passant de 25,2 % en 2022 à 30,3 % en 2023.

Auteur
Anna Dennis

Spécialiste de la veille réglementaire et experte en contenus destinations, elle analyse quotidiennement l’évolution des formalités d’entrée pour traduire la complexité administrative en guides pratiques. Son rôle combine expertise terrain et précision technique afin de garantir la fiabilité des informations délivrées aux voyageurs.

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